Mobilisé sur l’animation et l’accompagnement éducatif des enfants et des adolescents les plus fragiles, Valdocco Formations propose une formation immersive à destination d’éducateurs, animateurs, médiateurs et autres intervenants sociaux œuvrant dans les quartiers prioritaires. Elle a pour but d’initier les participants aux enjeux, aux principes, et aux pratiques d’animation de rue et de proximité.

Cette formation étant immersive, elle comprend une dimension d’expérimentation sur le terrain, grâce à la présence de plusieurs membres des équipes éducatives de Valdocco d’Argenteuil. Cet établissement intervient sur trois quartiers prioritaires : Val d’Argent Nord, Champagne et Joliot Curie.

Elle donnera quelques points de repères permettant aux participants d’envisager la mise en place d’animations de rue et de proximité dans leur propre établissement ou sur leur propre territoire.

Dans la continuité de cette formation, un accompagnement à la mise en place d’un tel projet peut-être opéré pour l’équipe de Valdocco Formations.

Pour vous préinscrire avant le 2 juillet dernier délais : https://lc.cx/SsNME-2Pk

En fonction des pré inscriptions nous déciderons de la tenue ou du report du stage.

Au sein de l’équipe de Valdocco Formation, Philippe Dacremont intervient depuis de nombreuses années dans écoles et collèges, pour former enfants, adolescents et personnel enseignant à la gestion des conflits.

Aujourd’hui, le harcèlement à l’école touche près d’un enfant sur 10, et plus de 90% des conflits ont une issue positive en médiation.

Insultes, harcèlement et violences sont combattus en apprenant aux élèves à régler leurs conflits de façon rationnelle, sans agressivité, tout en recréant un lien de confiance souvent fragile entre jeunes et adultes.

Le but est aussi préventif : peu d’enfants reviennent plusieurs fois en médiation car ils ont appris à régler eux-mêmes leurs conflits, à définir des règles et des limites pour vivre ensemble.

La force, la fuite ou la soumission sont des réponses inappropriées à un conflit : la médiation et l’apprentissage de la communication non-violente donnent aux enfants et adolescents les moyens d’affronter les conflits en privilégiant le dialogue.

Quels sont les objectifs de la formation des élèves à la médiation ?

D’abord, il s’agit d’habituer les élèves à régler leurs conflits sans violence, dans une démarche rationnelle, qui met à distance les préjugés.

Le médiateur procède à une objectivation des faits en deux temps : chacun exprime son observation personnelle de la réalité, pour essayer d’arriver à une synthèse partagée des points de vue.

Cela oblige les protagonistes à accepter la complexité et la pluralité des points de vue et du ressenti des autres.

Après une écoute réciproque sans jugement ni agressivité, peut alors débuter une recherche commune de solutions, où chacun est respecté, où personne n’est perdant.

L’objectif est aussi de :

  • Lutter contre la pensée exclusivement émotionnelle (commune aux personnes violentes et aux fondamentalistes) : la pensée exclusivement émotionnelle consiste à prendre nos premières impressions comme des certitudes, sans aucune distance ni réflexion. A cause de cela, tout ce qu’on capte (geste, regard, phrase lue ou entendue…) est ressenti comme agressif, entrainant une réaction agressive. D’où, chez certains jeunes, de très nombreuses situations qui dégénèrent en violence, sans aucune raison réelle.
  • Permettre à tout élève harcelé de parler sans crainte, et sans passer pour une « balance », soit à des élèves-médiateurs, soit à un adulte.
  • Diminuer les petites incivilités et le harcèlement, afin de prévenir des violences plus graves, des phénomènes d’escalade ou de règlement de compte.
  • Ajuster les éventuelles sanctions, et le sentiment d’injustice qu’elles peuvent parfois générer. : Ainsi, la confiance des jeunes envers les adultes s’améliore, et cette confiance permet de favoriser les accrochages et la réussite scolaire.

Comment apprenez-vous aux enfants à devenir médiateurs ?

La formation a lieu au collège ou à l’école. Elle concerne d’abord, et c’est là que se trouve la spécificité du Valdocco, tous les élèves, pour leur donner une première approche de la communication non-violente et de la gestion des conflits, au moyen de vidéos ludiques et didactiques et d’une intervention dans la classe.

Les équipes enseignantes proposent ensuite à une vingtaine d’élèves par établissement, une formation de médiateur, en fonction de leur personnalité : maturité, capacité de réflexion, aisance sociale, mixité et parfois implication fréquente dans les conflits…

La formation se poursuit pour les élèves-médiateurs, grâce à des jeux de rôle. Ensuite, ces élèves et un encadrant adulte, sont accompagnés lors de la gestion de vrais conflits.

Avez-vous noté une diminution des conflits dans les établissements scolaires après une formation à la médiation ?

Sur la base des établissements dans lesquels je suis intervenu, on constate que, grâce à la médiation, les conflits deviennent de moins en moins nombreux et de moins en moins violents.

En moyenne en primaire, on peut passer, en peu de temps ,de 2 conflits réglés par la médiation par classe et par semaine, à 1 conflit par classe toutes les 4 semaines.

Quels témoignages de responsables d’établissements avez-vous pu recueillir à la suite de vos interventions ?

Il y a par exemple le témoignage de la directrice de l’école élémentaire Orgemont à Argenteuil:

« Il y avait 2 classes de CE2 qui avaient des rapports très conflictuels et violents. Des bagarres éclataient plusieurs fois par semaine. Les enseignants étaient débordés, ne savaient pas très bien comment prendre les choses.

L’intervention du Valdocco a appris aux enfants à comprendre comment démarre un conflit, et surtout, comment éviter qu’il ne s’envenime. Puis, de jeunes médiateurs sont venus du collège voisin pour aider les enfants à trouver ensemble une solution.

Pour nous, les résultats furent assez spectaculaires : après 4 mois de sensibilisation et de médiation, il n’y avait plus une seule bagarre.

Maintenant, en cas de conflit, les enfants sont prêts à trouver une solution, même sans médiateur. »

Côté collèges, il y a le témoignage du Principal adjoint du collège Lucie Aubrac à Argenteuil :

« Il y a 3 ans, accompagnés par le Valdocco, nous avons mis en place un processus de médiation entre élèves. Dans un premier temps, l’adhésion des personnels éducatifs (professeurs et CPE) était très difficile. Mais la diminution très rapide du nombre d’incidents les a convaincus.

L’intérêt de la médiation, est que les conflits qui trouvent une solution par ce biais ne réapparaissent plus. Ce qui n’est pas le cas des conflits gérés par la sanction ou la punition, qui eux, se répètent à l’extérieur ou reviennent dans l’établissement »

Côté élèves-médiateurs, un collégien ayant suivi notre formation nous a confié :

« Pendant les vacances, je suis retourné au Bled, et j’ai résolu tous les conflits des personnes de mon entourage ! »

Quels sont vos besoins et vos projets ?

Nous avons besoin de plus de moyens, pour diffuser et soutenir une culture de la médiation dans les établissements scolaires des quartiers prioritaires, et pour développer des supports numériques de formation. 

Ces deux leviers nous permettront d’intervenir dans plus d’établissements, de prévenir, voire d’endiguer durablement les problèmes de la violence à l’école, et d’impacter plus largement le climat scolaire.

En France, le diplôme d’éducateur spécialisé a plus de 50 ans. Face à la crise que l’éducation traverse aujourd’hui, il y a à inventer de nouvelles manières de penser ces métiers et d’en former les acteurs. Une réflexion primordiale, à laquelle contribue le Valdocco au niveau européen. L’association est partenaire d’Educ’Europe, un programme européen soutenu par Erasmus + qui rassemble pendant trois ans cinq équipes universitaires et trois institutions socio-éducatives pour définir les contours des métiers éducatifs de demain.

Vers une nouvelle professionnalité

Créer un certificat universitaire, (Certificate of Advanced Studies), menant à terme à la construction d’un nouveau Master européen (Joint Master) d’éducateur. L’ambition d’Educ’Europe n’est pas mince et vise d’« accompagner les professionnels de terrain vers une nouvelle professionnalité, aux frontières de l’éducatif, de l’enseignement et du soin ». Et le chemin relativement long, car trois ans sont nécessaires pour poser les premiers jalons de ce certificat.

Première étape attendue bientôt : la publication d’un lexique sur la crise de l’éducation pour mieux en cerner les problématiques, à l’échelle européenne et commencer à identifier des pratiques porteuses de résultats qui peuvent orienter le mode de formation des éducateurs. Un travail porté par l’Université Paris 8, en collaboration avec quatre autres universités : l’Université du Luxembourg, le University College London, l’Università Milano Bicocca et l’Université de Paris Ouest Nanterre.

Un dialogue entre pensée et pratiques

Ce travail n’est pas qu’une réflexion entre universitaires. C’est aussi un lieu de rencontres et d’échanges de pratiques. Aussi, l’Université Paris 8 a associé trois organismes socio-éducatifs au programme Educ’Europe : une coopérative sociale italienne, l’Ecole nationale pour adultes du Luxembourg (anciennement « Ecole de la deuxième chance ») et le Valdocco. Toutes les trois ont déjà accueilli l’ensemble des membres du programme pour une visite et une présentation de leurs actions.

Les rencontres amènent au dialogue entre pensée et pratiques, entre nationalités, disciplines et langages. Pour les équipes du Valdocco, c’est une occasion de prendre du recul et de nommer de façon plus précise et questionnée ce qui relève du geste éducatif et de la posture professionnelle. C’est également une occasion de partager des pratiques de référence. « Le Valdocco a apporté de ce point de vue deux contributions importantes : l’une sur la gestion de la violence, basée sur le travail de l’internat Laurenfance, et l’autre sur le décrochage scolaire », précise François Le Clère, directeur général du Valdocco.

« Dans nos échanges, c’est la relation éducative qui est au premier plan » ajoute François. « Dans les problématiques complexes de l’éducation aujourd’hui, cette dimension relationnelle est essentielle pour aider les jeunes à grandir. ». Les savoirs formels peuvent contribuer à ce que les éducateurs progressent dans cette voie. Cependant, beaucoup de compétences clés sont des compétences psycho-sociales, parfois délicates à identifier et à transmettre. Les acteurs du programme Educ’Europe s’attachent précisément aujourd’hui à mieux cerner la teneur et la dynamique de ces apprentissages pour qu’un plus grand nombre puisse y accéder.
Rendez-vous pour un prochain point d’étape en 2020 !

Pour en savoir plus : http://www.educeurope.eu/

François Le Clère, directeur général du Valdocco propose cette année d’ouvrir son séminaire d’enseignement aux professionnels du Valdocco, aux partenaires, aux stagiaires du travail social et pourquoi pas à des parents. Ce séminaire : « RELATION EDUCATIVE ET ADOLESCENCE » se tiendra de septembre à décembre le lundi de 18h-21h à l’Université Paris 8 (Métro Saint Denis Université).

LE THEME DE TRAVAIL 

L’adolescence, comme traversée de l’enfance à l’âge adulte, est une traversée tant sociale que psychique. Elle se présente comme un moment de mue fragile, qualifiée par la psychanalyste Françoise Dolto comme « complexe du homard ». Dans ce contexte, le désir d’éduquer peut-être mis en difficulté. La relation éducative et pédagogique est affectée différemment selon qu’il s’agisse des parents, des enseignants, d’animateurs d’un club sportif, ou de travailleurs sociaux.

Tout en découvrant le travail de professionnels de l’éducation auprès des adolescents, l’objectif est d’acquérir progressivement des repères théoriques sur l’adolescence, le processus éducatif et les notions de relation éducatives et pédagogiques.

Ce cours fera place aux pratiques professionnelles, à la parole d’intervenants auprès d’adolescents (enseignants, éducateurs, autres). Nous utiliserons comme support pédagogique des outils culturels (films, textes) ou des récits d’expérience. A travers ces apports, nous caractériserons le travail du lien éducatif tel qu’il opère dans l’acte éducatif ou pédagogique auprès des adolescents.

LA METHODE 

1h30 d’apports et de repérages théoriques

1h30 de travail à partir des expériences des participants (ex. : présentation d’une pratique éducative, d’un projet ou d’une étude de cas).

Innover dans la formation à la citoyenneté et à la construction de la paix

Dans le contexte de peur et de délitement social que traverse la France, former aujourd’hui des jeunes à la paix est une priorité, voire une urgence. Le réseau des maisons Don Bosco (établissements scolaires et structures socio-éducatives) a lancé en 2014 le défi citoyenneté et mène une réflexion sur cet enjeu majeur.

Depuis septembre 2016, une équipe prépare une action de formation à la paix destinée à des jeunes de 16-17 ans de France et Belgique. Cette formation « Secouristes pour la paix» initiée et modélisée par l’Institut de Formation Humaine Intégrale de Montréal, est depuis de nombreuses années proposée à des jeunes et des adultes sur les 5 continents.

Au Programme :

Du 22 au 27 octobre à Nice pour 30 jeunes lycéens de France et de Belgique.

Action de formation, ateliers sur la découverte de soi, gestion des émotions, aide à la prise de décisions et à l’engagement, » expéditions » pour des rencontres improbables, sorties culturelles et animations.

Valdocco Formation et Valdocco Nice, partenaires :

Le Valdocco Formation a été choisi comme porteur du projet et de sa mise en œuvre, en collaboration avec Myriam Maréchal, responsable du service formation AMDB, formée à la démarche de l’IFHIM de Montréal.

Le Valdocco Nice et le lycée Don Bosco Nice seront présents en soutien matériel et logistique à Nice. Peut-être aussi pourront-ils faire rencontrer des témoins, des acteurs de la Ville aux jeunes participants à la session

L’équipe d’accompagnateurs : Une équipe de 4 formateurs, tous formés à l’IFHIM accompagnera la démarche de formation et sera supervisée par une formatrice de Montréal.  Une équipe de 3 animateurs sera présente tout au long du séjour pour encadrer le groupe. Un jeune en Service Civique ainsi qu’un stagiaire Bafa feront également partie de l’équipe d’animation.

Fort d’un partenariat solide et de valeurs partagés du « mieux vivre ensemble », Le département « Formation aux métiers de la ville » de VALDOCCO FORMATION forme depuis 20 ans les agents de médiation sociale de l’association PROMEVIL.

L’action de PROMÉVIL s’inscrit dans la promotion des nouveaux métiers de la Ville, et plus particulièrement ceux de la médiation sociale qu’elle exerce dans les transports en commun, les espaces publics et le logement social. Les formations portent sur les thèmes de la médiation sociale, la prévention et la gestion des conflits, la communication, la gestion du stress et l’initiation au Code pénal.

Depuis quelques mois, Promevil confie également la formation de ses chefs d’équipe pour les accompagner dans leur nouvelle fonction de manager. Cette session se déroule sur 7 journées de formation espacées les unes des autres permettant aux participants d’allier la théorie à la pratique quotidienne de leur métier de responsable d’équipe. Le 18 février 2016, une nouvelle promotion vient de terminer le cursus de formation. Ils ont démontré tout au long du cursus une réelle volonté de progresser et de s’approprier les outils du management dans leur travail pour continuer d’assurer une prestation sociale de qualité avec leurs agents.

Bon vent à eux et merci pour leur travail discret mais important dans les espaces publics et les transports urbains !

Jeudi 15 octobre 2015, nous avons eu le plaisir de participer à une journée de réflexion organisée par un partenaire lyonnais, l’Association Le Prado sur le thème : Comment rapprocher les jeunes issus des structures de l’enfance en difficulté du monde du travail ?

François Le Clère, directeur général du Valdocco, était invité pour animer une table ronde sur le thème : Insertion professionnelle, jusqu’où partage-t-on la compétence et comment ?

Dans un espace-temps qui se réduit, comment accompagner les équipes de l’enfance en difficultés pour une meilleure appréhension de l’insertion professionnelle des jeunes confiés. Cela doit-il passer par des formations et une montée en compétence d’un ou deux professionnels par structure, dit « référent insertion » ? Ou par l’intervention de professionnels extérieurs ou encore le recrutement à terme de conseiller d’insertion professionnelle en établissement ? Et dans ce cas, comment concilier démarches « d’Insertion » et de « Protection » en fonction de là où en est le jeune? Autant de questions, auxquelles s’ajoutent celles de l’animation, la coordination de ce type de démarche.

Au Valdocco, la question qui se pose est plutôt de comment créer des réseaux d’employeurs ou de relais pour des stages ou des mises en situation de travail.

À Argenteuil, depuis trois ans au collège Lucie Aubrac et deux ans au collège Joliot Curie, Le Valdocco forme des élèves-médiateurs, qui aident leurs camarades à régler leurs conflits.
Une trentaine d’élèves ont été formés début 2013 et une quarantaine le seront début 2014. Misant sur la prévention et la responsabilisation, cette formation a pour objectif d’habituer les élèves à régler leurs conflits par le dialogue et sans violence, tout en recréant un lien de confiance souvent fragile entre jeunes et adultes.

La formation passe d’abord par une courte présentation de la médiation à tous les élèves du collège, à l’aide d’une vidéo montrant une médiation simulée et le témoignage d’une médiatrice.

Des élèves délégués ou volontaires sont ensuite sensibilisés aux mécanismes des conflits, et à différentes réponses sans violence à une agression. 10 à 30 élèves par établissement sont ensuite formés à la médiation pour résoudre les conflits de leurs camarades, soit lors d’un point-médiation encadré par un adulte, soit de manière informelle dans tous leurs espaces de vie Réalisée en harmonie entre sanction et prévention, et en cohérence avec d’autres actions de l’équipe éducative, cette formation suscite un très grand intérêt des élèves, pour qui le dialogue sans violence devient une habitude, et non plus une règle imposée par les adultes.

Philippe Dacremont, formateur médiation